Metronews "Si on ne croit pas en notre musique, on se suicide!", Sep'13

SABINE BOUCHOUL
25.09.2013


INTERVIEW : Le trio britannique revient sur le devant de la scène avec un nouvel album, "Loud Like Love", le sixième d’une carrière entamée il y a vingt ans. Un album sensible et mélancolique à découvrir sur la scène de Paris-Bercy le 10 décembre prochain.

Votre sixième album vient de sortir, quatre ans après Battle For The Sun. Sa composition a-t-elle été particulièrement difficile ?

Brian Molko : La musique, pas vraiment. Par contre écrire les paroles a été difficile pour moi. Je suis de plus en plus dur avec moi-même. Je n’ai pas envie de me répéter, même si c’est inévitable parce qu’on a un style très marqué. Si bien qu'n a jeté beaucoup de chansons dans cet album, plus que d’habitude, des mélodies qu’on aimait vraiment mais qui n’étaient pas assez fraîches.

En composant vous pensez à ce que pourrait penser vos fans ?

Stephan Olsdal : Si on commence à faire vouloir plaisir à quelqu’un, on n’arrive jamais au but parce que c’est fait sans conviction. On se dit que l’on crée des chansons qu’on va jouer sur scène pendant deux ans voire plus, alors si on n’y croit pas un peu, on se suicide !

L’amour et ses complications, c’est le thème omniprésent de ce nouvel album…

B.M : On crée la musique de façon instinctive. C’est après qu’on se rend compte qu’on est en train de parler d’amour. C’est plus honnête de faire comme ça. Je sais qu’il y a des groupes qui écrivent de façon beaucoup plus intellectuelle mais ce n’est pas trop notre truc (rires).

Il y a une chanson se démarque des autres, c’est "Bosco", une ballade au piano, très pure. Racontez-nous un peu son histoire.

B.M : Ça parle d’une relation amoureuse tragique, déchirée par les addictions. Ça parle aussi de la recherche de la rédemption, et de demande de pardon. Ce qui est intéressant, c’est que le premier morceau de l’album "Loud Like Love" et le dernier "Bosco" ont été écrits en même temps. D’un côté on a les grosses guitares saturées, punk, optimistes, de l’autre une histoire tragique. On s’est dit qu’on avait là tous les spectres des émotions à explorer entre ses deux chansons-là.

Beaucoup considèrent que les chansons les plus tristes sont toujours les plus belles... Vous aussi ?

BM : Personnellement, ce sont les chansons tristes et les airs mélancoliques qui me touchent le plus. J’ai le sentiment d’être très en vie en les écoutant car elles provoquent des émotions très fortes, comme avec cette chanson des Beatles, "Yer Blues" écrite par John Lennon. C’est une chanson extrêmement triste, complétement déprimée, mais la musique est assez violente, du blues hard qui laisse échapper plein de frustration et de colère. Ça vient forcément avec la tristesse…

Quand on a votre carrière, on a encore des rêves à réaliser ?

B.M : Il y a encore tellement à faire ! Nous sommes conscients d’être dans une position très privilégiée. Pourvu que ça dure, parce que nous ne savons rien faire d’autre. (rires)


NOTRE AVIS : Un trio rock en mode sensible
Après les flottements du passé, Placebo devait se ressaisir. Le groupe délaisse mur du son et guitares hyper saturées, et signe un album mélodique, plus organique, plus humain, plus sensible. Il laisse parler les cordes et les corps, mélange violons, pianos et guitares aux claquements de doigts et clappements de mains. Malheureusement l’album peine à décoller. "Exit Wound" et ses accents "Depechemodiens", la ballade "Hold On To Me", toute en retenue et surtout la très mélancolique "Bosco" en fermeture apportent cependant du relief à un album qui manque un peu de cachet.




Translation by Laetitia

"If we don't believe in our music, we would commit suicide!"

INTERVIEW: The British trio returns to the front of the stage with a new album, "Loud Like Love", the sixth in their career which began twenty years ago. A sensitive and melancholic album to discover in Paris -Bercy on 10 December album.

Your sixth album has just come out, four years after Battle For The Sun. Was it particularly difficult to compose?

Brian Molko: The music, not really. But writing lyrics was difficult for me. I am increasingly hard with myself. I did not want to repeat myself, even if it is inevitable because we have a very distinctive style. So that we have thrown a lot of songs on this album, more than usual, we liked the melodies but they were not cool enough.

While composing, did you think what might think your fans?

Stephan Olsdal: If you want to please someone, you never get to the point because it's made without conviction. We say to ourselves we create songs we will play on stage for two years or more, if we don't believe in our music, we would commit suicide!

Love and its complications are the main theme of the new album...

B.M: we create music instinctively. We have realized after we are talking about love. It's more honest to do it like that. I know there are bands who write much more in an intellectual way, but it is not really our thing (laughs).

There is a song which stands out is, "Bosco", a piano ballad, very pure. Tell us a bit about its history.

BM: It's about a tragic relationship, torn by addiction. It also speaks of the search for redemption, and asking for forgiveness. What is interesting is the first track on the album "Loud Like Love" and the last "Bosco" were written at the same time. On one side there is was the big distorted guitars, punk, upbeat, on the other side a tragic story. We thought we had to explore all spectrums of emotions between these two songs.

Many consider the saddest songs are always the best... You too?

BM: Personally, sad songs and melancholic tunes touch me the most. I am feeling very alive by listening to them because they provoke strong emotions, such as with the Beatles song, "Yer Blues" written by John Lennon. It's a very sad song, completely depressed, but the music is quite violent, hard blues blurts full of frustration and anger. It always comes from sadness...

With your career, do you still have dreams to fulfill?

B.M: There is still so much to do! We are conscious of being in a very privileged position. I hope it lasts, because we do not know anything else. (laughs)


OUR OPINION: A rock trio in a sensitive mode
After vaciliation of the past, Placebo had to recover.The band lets the sound barrier and super saturated guitars, and sign a melodic album, more organic, more human, more sensitive. It lets strings and body talk, mixing violins, pianos and guitars with snapping finger and clapping hands. Unfortunately the album struggled to take off. "Exit Wound" and its "Depeche Mode" accents, the ballad "Hold On To Me", all in detention and especially the very melancholic "Bosco" in the end, however, provide depth to an album which lacks a bit of character.