Arcinfo "La nouveauté musicale vient du mélange des genres", Aug'10

14 août 2010

Quelques instants avant d'électriser les arènes d'Avenches jeudi soir, Stefan Olsdal (cofondateur et bassiste de Placebo) est revenu sur le parcours sans écueil du trio de power pop britannique et sur ses premières amours musicales, pendant que Brian Molko faisait le pitre et que Steve Forrest profitait du jacuzzi installé en backstage. 

Stefan Olsdal, lorsque vous avez fondé le groupe avec Brian Molko il y a seize ans, avez-vous imaginé que Placebo deviendrait, en l'espace de quelques années, une marque mondiale? 

Le succès, même s'il est désiré, est impossible à prévoir. Aucun groupe, aucun artiste, ne peut prétendre avoir pressenti, dès le départ, qu'il aurait une renommée planétaire. A nos débuts, nous avons visé la Lune, mais nos aspirations étaient romantiques. Nous rêvions, par exemple, de jouer dans des salles mythiques en Angleterre, comme la Brixton Academy à Londres, où nous avions vu se produire nos groupes préférés. Et voilà que dès notre deuxième album, nous étions à l'affiche dans ces mêmes salles. C'était incroyable, nous y étions! 

Avez-vous conservé la même flamme, la même passion pour la musique, aujourd'hui? 

Nous n'en sommes pas au point de nous dire que nous avons accompli tout ce que nous pouvions. Nous avons encore des ambitions, des défis à relever, des idées. Musicalement, il y a de nouvelles sonorités à découvrir, de nouvelles façons de jouer de nos instruments et de nombreuses collaborations avec d'autres artistes. 

Quels sont les groupes qui sont à la base de votre vocation de musicien? 

J'ai grandi dans l'ambiance disco des années 1980, avec ABBA, les Bee Gees et Barry White. C'est ce qui m'a donné l'amour de la musique pop. Puis, j'ai eu une période rock en découvrant Led Zeppelin. J'ai alors commencé à jouer de la guitare. Ensuite, j'ai été fasciné par la manière dont les Beatles composaient et arrangeaient leurs chansons. Plus tard, Brian Molko m'a familiarisé avec le rock alternatif: Sonic Youth, Pixies, PJ Harvey ou Radiohead. 

Etes-vous perméable musicalement à ce qui ce fait de nos jours? 

J'estime que je me dois d'être ouvert, cela ne peut que m'enrichir. J'aime me plonger dans le passé et réécouter Johnny Cash ou Bob Dylan, mais aussi rester en éveil pour sentir où va la tendance aujourd'hui. Je viens de découvrir un artiste de hip-hop psychédélique, Gonjasufi, qui est tout à fait fascinant et qui montre bien qu'il n'est plus possible de créer un nouveau genre musical. La nouveauté vient exclusivement du mélange des genres. 

En marge de Placebo, avez-vous une occupation particulière, un hobby? 

Je tiens un journal intime depuis 1986. Il se passe tellement de choses dans ma vie, particulièrement depuis l'aventure avec Placebo, que je souhaite garder le plus de souvenirs possibles. Le temps passe si vite que je crains parfois de perdre mes repères. C'est pourquoi je mets ma vie sur papier.