France Inter "C'est Lenoir", Sep'00

Placebo en interview : Bernard Lenoir, 5 septembre 2000, France Inter.

Brian : À part from Chuck Dee, y'avait seulement Justin Warfield, vraiment. Il est très célèbre pour son travail avec Bomb the Bass bob para dust, une chanson au sujet de William Burroughs, alors. Et Justin Warfield a une sensibilité très très intellectuelle et très littéraire. C'est disons l'anti Puff Daddy, l'anti Beaches and Hose… you know. Il chante: "Baby I've got your money…". 
(Rires)
On savait très bien que Justin allait apporter quelque chose de littéraire à cette chanson. On fait souvent, euhm, c'est important pour nous de faire des trucs seulement pour la raison qu'on les a pas encore fait. Et l'idée d'utiliser du rap, c'était un nouveau territoire pour nous, mais c'était aussi un désir de surprendre les fans et de prouver qu'on pouvait

Bernard Lenoir : Ouais, les emmener ailleurs

Brian : Ouais élargir notre son. Essentiellement.

Bernard Lenoir : Um um. Et là les fans j'les sens. J'les sens très inquiets.

Brian : (Rires). Ouais, inquiets, ouais.

Bernard Lenoir : On va les rassurer tout de suite.

[Diffusion de Spite & Malice.]

Bernard Lenoir : En exclusivité sur France Inter, un nouveau titre, un autre titre du prochain album de Placebo, Spite & Malice. L'album je vous le rappelle s'appelle Black Market Music dans le commerce le 9 octobre
Et ça c'est le paradoxe Placebo parce que y'a souvent des textes un peu graves, on le disait tout à l'heure un peu tourmentés comme ça, et les trois là, ils arrêtent pas de déconner (Brian rit) et de se marrer ensemble. C'est tout le temps comme ça ?

Brian : Ouais mais c'est à cause du morceau. On adore ce morceau.

Stef ou Steve : We love it.

Bernard Lenoir : Vous avez du en faire des karaokés de hip-hop là parce que ça a l'air de bien fonctionner tous les trois.

Brian rit et Steve lui demande de traduire la question. Donc Brian traduit.

Brian : Et pour être honnête avec toi une fois on a fait une session karaoké sur Pure Morning

Bernard Lenoir : Ouais.

Rire général

Brian reprend : Dans un club ouais, un club à Londres, c'était une soirée d'anniversaire d'un de notre pote, et c'était une soirée karaoké et c'était pendant qu'on travaillait sur Black Market Music. Alors on n'avait pas écouté Without You I'm Nothing depuis au moins 6 mois, et on n'avait rien joué de Without You I'm Nothing. Et heureusement qu'il y avait l'auto-cue (désolée, je sais pas comment ça s'écrit). Hein. Parce que moi

Bernard Lenoir : T'avais oublié les textes ?

Brian : Ouais, moi j'ai oublié les textes. Ouais. (Rires)

Bernard Lenoir : Vous êtes inséparables tous les 3, on l'impression que c'est un peu le clan, ou vous vivez chacun de votre coté et vous vous retrouvez vraiment que pour le boulot ?
Traduction de Olivier Nuk en gros : are you still together, even when not working ?

Stef : Still married, yeah, yeah.

Steve : Stuff like that. I think we have to. We haven't got any other friends.

Rire général

Bernard Lenoir : Ils sont tout le temps ensemble parce qu'ils ont pas d'autres copains.

Olivier Nuk : Apparemment ils se voient beaucoup socialement.

Brian : Ouais, on est même allé en vacances ensemble une fois.

Bernard Lenoir : Alors ce soir aux Bains-Douches comment vous allez faire pour aller voir Kylie Minogue là, ça va se passer comment ? Vous allez tirer au sort ? Vous allez y aller tous les trois ?

Brian : Maintenant tout le monde le sait. Qu'est-ce qu'il a une grande gueule Bernard Lenoir ! hein… (rires).

Bernard Lenoir : Mais non, mais tout le monde le sait, tout le monde le sait. De toute façon on sait qu'elle est à Paris.

Brian : Alors qu'est-ce qu'on va faire ? aeuhm. Ben on va tous y aller je pense.

Bernard Lenoir : La harceler ?

Steve : Business before pleasure.

Brian : Bien sûr qu'on va la harceler.

Bernard Lenoir : Ouais…

Brian : Bien sûr.

Bernard Lenoir : Tu as vu son clip, il paraît que c'est très très chaud ?

Brian : Son clip ou son cul ? (rires)

Bernard Lenoir : Les deux ! (rires). C'est quoi ce clip alors ?

Brian : Spinning Around ?

Bernard Lenoir : Oui.

Brian : Ben c'est du Disco.

Bernard Lenoir : Ouais non mais j'veux dire elle se fout à poils ou c'est… Pourquoi c'est censuré un peu partout, aucune télé veut passer ça ?

Brian : Ça m'étonne que ça soit censuré en France, parce que c'est même pas censuré en anglais et c'est même pas si hardos que ça.

Bernard Lenoir : À d'accord.

Brian : Ouais.

Bernard Lenoir : Non, mais c'est pas si chaud que ça.
C'est marrant ce qu'est devenu cette demoiselle qu'était à l'époque quand elle a commencé, on pouvait pas imaginer…

Brian : Mais pourquoi est-ce qu'on parle de Kylie Minogue, peut-être qu'on devrait parler de Placebo là, hein… !

Bernard Lenoir : Ouais peut-être c'est vrai. Non, j'sais pas, on dévie.
Bon, sinon, euh, vous allez reprendre la scène là parce que j'ai l'impression que pendant 9 mois vous avez été obligé de travailler en studio, mais là c'est reparti de plus belle ? Y'a un concert demain, dès demain, j'crois vous êtes pas en concert à Bruxelles, ou ça redémarre quand les… ?

Brian : Mmm

Bernard Lenoir : Non ? Y'a rien pour l'instant ?

Brian : Non, demain on va à Milan

Bernard Lenoir : À Milan ?

Brian : Pour de la promotion et puis on a des petites vacances. Le prochain concert à Paris ce sera à l'Olympia, deux soirs, le 4 et le 5 novembre.

Bernard Lenoir : Mmmmm

Brian : Euhm, j'aurai bien. Steve a déjà joué à l'Olympia quand il a fait la première partie de Nick Cave dans son ancien groupe Breed. Lui il a eu la chance de jouer sur la même scène, la vraie scène originale où y'avait Jacques Brel, où Jacques Brel a joué, où Gainsbourg a joué. Malheureusement j'aurai jamais eu le plaisir de jouer sur cette scène.

Bernard Lenoir : Et oui. Ouais ouais…

Brian : Mais quand même l'Olympia c'est quand même légendaire.

Bernard Lenoir : Oui, et puis ils ont refait quand même quelque chose de très très proche de ce qu'était l'endroit original.
Donc ça tu dis c'est quand qu'on vienne te voir et que… ?

Brian : Le 4 et le 5 novembre.

Bernard Lenoir : Le 4 et le 5 novembre. On a le temps de se retourner.
Alors moi je sais pas. C'est dommage qu'on n'ait pas la possibilité d'écouter un titre lent de cet album, ce sera pour une prochaine fois.
Je voulais te demander aussi pourquoi t'avais repris un morceau comme Johnny & Mary sur le single ? c'était…

Brian traduit la question…

Steve : We did it because Brian played it for ten years. Since I have met Brian, he picked up the guitar and he played the Johnny & Mary riff. So we had to record it… (en gros c'est ce qu'il dit, désolée je comprend pas tout quand ils parlent en anglais…).

Bernard Lenoir : C'est un joke ou c'est… ?

Brian : Non, c'est une chanson qu'on a toujours aimé. C'est comme Steve a dit ça fait 10 ans que je la joue sur la guitare. C'est le seul solo de guitare que je connais que je puisse jouer. Et moi j'ai toujours voulu faire une version punk de Johnny & Mary. On pense que c'est une chanson assez " up ", mais si on écoute les paroles c'est assez déprimant. Ça parle d'un couple qui se parle plus, qui préfère regarder les murs que se parler ; qui sont ensemble dans le silence. Et c'est assez triste.
Et euhm, c'est souvent comme ça avec, la dualité qui existe avec la musique de Placebo c'est, on vous séduit avec quelque chose de soniquement, avec un p'tit peu de son qui est " up ", et puis on vous donne des paroles peut-être qui sont un p'tit peu plus heavy.

Bernard Lenoir : Ça vous ennui si on termine la première partie du programme avec ça, avec cette reprise ?

Brian : Non, pas du tout.

Stef ou Steve : Na, let's go!

[Johnny & Mary par Placebo]
[Björk et Thom Yorke: musique de Dancer in the Dark.]


Bernard Lenoir : Olivier Nuk qui a eu la chance de voir le film de Lars Van Trier Dancer in the Dark.

Olivier Nuk : C'est un train ouais qui sert de motif de départ rythmique à la chanson. C'est une des plus belles scènes du film et c'est aussi une des plus émouvantes d'un film qui en réserve beaucoup d'autre et dans lequel Björk est absolument éclatante.

Bernard Lenoir : Ça aussi ça sort en même temps que l'album de Placebo début octobre ?

Olivier Nuk : 18 octobre je crois.

Bernard Lenoir : 18 octobre.

Olivier Nuk : Mais je pense que c'est promu a un très grand succès, je pense que Björk va devenir une super-star, énorme.

Bernard Lenoir : Elle a déjà eu la Palme d'Or à Cannes, c'est pas rien.

Olivier Nuk : Elle veut plus faire de film, ça a du être très dur avec Lars Van Trier.

Bernard Lenoir : Toi, Brian tu as déjà vu le film, pas encore, non ?

Brian : Par encore, mais je suis un très grand fans de Lars Van Trier : Breaking the waves et particulièrement Les Idiots.

Bernard Lenoir : Et là, t'as jeté une oreille sur ce qu'on entendait, le duo avec Thom Yorke ?

Brian : Mmm, bien sûr. C'est la première fois que j'entend. C'est très très beau.

Bernard Lenoir : Ouais. On reconnaît pas la voix du tout de Thom, là…

Brian : Ouais…

Bernard Lenoir : C'est étrange. Stefan a l'air d'accord. Personne ne reconnaît sa voix.

Brian : Je pense qu'ils ont enregistré ça dans le même studio qu'on a enregistré Black Market Music, pendant qu'on était là. Y'avait même Catherine Deneuve qui s'est pointée un jour pour faire quelque chose sur la BO aussi.

Bernard Lenoir : mmmm. Alors c'est marrant tous ces…

Brian : C'était intéressant y'avait Madonna qui était là aussi.

Bernard Lenoir : Oui, ouais.
Il va y avoir une belle concurrence là parce que tous ces albums sortent en même temps quasiment. Le votre, celui de Björk, le PJ Harvey que t'as écouté. Tu m'as dit que c'était magnifique.

Brian : Ouais, ouais, il est nickel.

Bernard Lenoir : Et puis celui de Radiohead aussi.

Brian : Mmm, oui, y'a la compétition.

Bernard Lenoir : Oui, tout ça au mois d'octobre, enfin à la fin du mois de septembre, et…
C'est bien quand même.

Brian : Oui, ce sera la bataille.

Bernard Lenoir : Oui, enfin la bataille. (Brian rit). Y'a pas de bataille, y'a pas de rivalité là, on est au top.

Brian : On est tous potes ouais.

Bernard Lenoir : Non, pas potes, mais on est au top. (Brian rit). J'pense pas qu'on puisse choisir entre PJ Harvey, Radiohead, Placebo ou Björk…

Brian : Y'a qu'à acheter les 3.

Bernard Lenoir : Ou même 4, à mon avis y'a pas de problème.
Ça te dis toi de recommencer de travailler comme ça avec d'autres artistes ? On sait que t'as bosser un peu avec Bowie sur un titre. Ça t'a plu, t'aimerais bien remettre ça ? Des duos comme celui qu'on vient d'entendre ? Y'a des gens avec qui t'aimerais travailler, ou ?

Brian : Ben toi tu connais un secret que personne d'autre connaît parce que tu connais Dimitri Tikovoï.

Bernard Lenoir : Ouais.

Brian : C'est ça. C'est un p'tit secret que je gardais mais. Ouais, j'ai travaillé avec un Français qui a un album concept sur la pornographie qui s'appelle Le Vibrator. Y'aura peut-être quelque chose qui va sortir bientôt. J'ai menti à Olivier cet après-midi (rires).

Bernard Lenoir : Mais là c'est pas un duo parce que Dimitri lui c'est un producteur.

Brian : Producteur, ouais. Et c'est de la dance.

Bernard Lenoir : Il a fait quelque chose avec Murat aussi, puisqu'on est dans les confidences.

Brian : Jean-Louis Murat, ouais.

Bernard Lenoir : Moi j'ai très envie d'écouter ça.
Ça y est, tu lui a donné ton feu vert, ça va sortir, ou vous êtes en pleine élaboration de cette chose ?

Brian : Ouais, ben c'est fini, mais on attend pour que ça clash pas avec les sorties de nos singles et tout ça.

Bernard Lenoir : Et Stefan ou Steve, ils bossent eux de leur côté, ils ont envie de faire des choses, ou ils sont bien comme ça avec Placebo et… ?

Brian : Have you got any other plans, guys ? Anything on the pipeline?

Steve : We got no time really. (rires) ????

Traduction de la réponse par Olivier Nuk : Apparemment ils ont pas le temps de travailler sur autre chose que Placebo, ils vont attendre un peu de voir les réactions sur le disque et peut-être faire autre chose, mais pour l'instant…

Brian : Mais c'est vrai qu'on se sent dans un état de " Limbo " en ce moment. On sait pas….

Bernard Lenoir : Ben c'est normal, ça arrive. 9 mois de boulot et puis on veut voir le résultat, donc on a pas trop envie d'aller…
Et toi t'as pas de projet précis. Y'a pas quelqu'un avec qui t'aimerai bosser depuis toujours ? Non ?

Brian : Avec PJ Harvey, avec Polly Harvey ça serait super faire un duo avec elle. Peut-être quelque chose comme Bonnie & Clyde ça serait intéressant.

Bernard Lenoir : Tu veux dire une reprise de Bonnie & Clyde ?

Brian : Ouais, pourquoi pas ?

Bernard Lenoir : Ça a déjà été fait, hein.

Brian : Ouais par Dim Ouaram et Laeticia Staila. (désolée pour l'orthographe des noms, mais je sais pas qui c'est, alors j'ai retranscrit au son…).

Bernard Lenoir : Alors j'ai des petits messages qui arrivent. Alors c'est fou ça, via Internet ça vient de très très loin. De Mayotte par exemple. Y'a FX qui demande, ben on a répondu à cette question, pourquoi ce titre d'album Black Market Music, on en a parlé tout à l'heure au début de cette interview.
Y'a quelqu'un qui habite Paris qui demande l'influence de Cure sur ta musique et si t'aime toujours ça, si t'aimes toujours Cure ou si ça t'as passé.

Brian : Ben c'est intéressant cette question parce que Paul Corkett avec lequel on a travaillé sur cet album a produit avec Robert Smith le dernier album des Cure Bloodflowers. Et euh, on a commencé à connaître les Cure à travers de Corky et on est devenus z'amis. Quand j'étais adolescent j'écoutais les Cure quand il pleuvait au Luxembourg, mais j'étais plutôt grand grand fan des Smiths.

Bernard Lenoir : Mm mm.

Brian : Euhm, c'était ça qui, c'était ça la BO de mes journées de pluie au Luxembourg.

Bernard Lenoir : Et Cure qui plie bagages aujourd'hui, tu trouves ça bien, normal… ?

Brian : La période Cure que je préfère c'est la période vraiment très très pop, comme Just lik heaven, In between days, Friday I'm in love… Je trouve que Robert il écrit des chansons pop absolument superbes avec euhm, some darkness.

Bernard Lenoir : C'est le moins qu'on puisse dire, oui. Toujours ce côté sombre.

Brian : Sombre, ouais…

Bernard Lenoir : Vous vous voyez barrés sur une carrière aussi longue ? Moi je me souviens quand vous avez démarré y'a 5 ans, on en parlait ensemble, tu me disais : " ouais moi j'me destinais plutôt à être comédien, c'était plutôt cette direction que je voulais prendre, puis bon le rock'n'roll on s'amuse, ça va durer 2 ans et puis on passera peut-être à autre chose, ou je reviendrai à la comédie ". Et puis là, ben ça y est, vous êtes quand même sur des rails, vous bossez comme des malades, vous sortez un album magnifique, donc c'est. On peut s'imaginer que c'est parti pour quelques années. Tu te vois dans ce rôle-là pendant j'sais pas 10 ans, 15 ans ?

Brian : Ouais, j'espère.
Il traduit pour Steve et Stef. Et ajoute en anglais toujours : I think so, and we hope so.

Steve acquiesce.

Brian : On espère qu'on aura une carrière aussi longue que les Cure, aussi longue que REM, aussi longue que U2 ou même Monsieur Bowie.

Bernard Lenoir : Et aussi pertinente surtout. Faut tenir. Ça fout pas les jetons ça de se dire comment on va pouvoir tenir…

Brian : Si on devient pas les Rolling Stones, y'aura pas de problème. (rires)

Bernard Lenoir : Ben oui, de pas toujours répliquer le même truc, c'est important.

Brian : Ouais, exactement.

Bernard Lenoir : Et le cinéma, ça t'a passé, donc t'as plus envie, le théâtre tout ça…

Brian : Ben j'ai p'tit peu peur parce que ça fait longtemps que j'en ai pas fait.

Bernard Lenoir : Mais t'as tourné là dans Velvet Goldmine…

Brian : Mm mm…

Bernard Lenoir : Ça t'a pas réamorcé la pompe ça ?

Brian : Si, si, mais c'était pas vraiment un challenge parce qu'on jouait nous-mêmes, essentiellement.

Bernard Lenoir : Ouais, c'était votre propre rôle au cinéma, oui c'est vrai.

Brian : Mais ça serait bien de faire quelque chose qui n'a rien à voir avec la musique.

Bernard Lenoir : Mais ça te titille encore, c'est dans un petit coin de ta tête, ou pas dut tout ?

Brian : On a été offert un film de Hollywood avec Jennyfer Aniston et Mark Wolberg, un film produit par Georges Clooney, et c'était l'histoire de Judas Priest. (mort de rire). Et ils voulaient qu'on soit Judas Priest.

Bernard Lenoir en riant : Pourquoi pas ?

Brian : Et, on a refusé. (rires)

Bernard Lenoir : À propos de Clooney, vous avez vu le dernier frères Cohen, parce que ça c'est un monument ?

Brian : Non, pas encore. Il est sorti en France avant qu'il est sorti en Angleterre.

Bernard Lenoir : À oui, mais alors va voir ça dès demain.

Olivier Nuk : Une excellente BO d'ailleurs.

Brian : Mieux que Beeing John Malkovitch ? Parce que ça c'est un chef-d'œuvre.

Bernard Lenoir : Oui oui, mais même genre puissance 10.

Brian : Ouais ?

Bernard Lenoir : Oui.

[Diffusion de Slave to the wage.]

Bernard Lenoir : Les souris et les hommes. Ça aussi c'est un thème de Placebo. Tu fais toujours comme ça ? Dès que tu vois passer une petite souris tu lui cours après Brian ?

Brian : C'est dîner. Ouais. (rires).

Bernard Lenoir : Y'a des p'tites souris dans nos studios, c'est assez rigolo.
À propos de souris, y'a Pascal qui vit en Crète qui demande ce que tu regardes d'abord chez les hommes.

Brian : Les euh, les godasses.

Bernard Lenoir : Les godasses ?

Brian : Ouais ouais.

Bernard Lenoir : Ah bon !?

Brian : Mm mm.

Bernard Lenoir : Putain les mecs faites gaffe.
Rire de Brian.
Ça va Olivier, t'es pas en espadrilles, c'est bon ?

Olivier Nuk : Non non ça va.

Brian : C'est ma mère qui a dit ça. Si tu veux impressionner une femme, y faut toujours avoir des belles godasses.

Bernard Lenoir : C'est vrai, c'est vrai. Donc j'ai pas vu ce que t'avais, j'peux pas voir pour l'instant, mais t'inquiètes pas que je vais regarder.

Brian : À la radio on peut pas voir les godasses.

Bernard Lenoir : Non mais je peux les décrire.
Bon là on vient d'entendre le tube qui va débouler dans quelques jours, parce qu'à mon avis c'est le tube de l'album Black Market Music, Slave to the wage.

Brian : J'espère.

Bernard Lenoir : Alors j'ai lu dans la presse, parce que tu vois de temps en temps on apprend des choses en lisant la presse, même celle que tu détestes, que ce titre ou l'album était dédié à quelqu'un. C'est quelqu'un qui était proche de toi, ou… ?

Brian : C'était un collègue à nous qui s'appelait Scott Piering qui travaillait dans la radio et qui travaillait dans la télé. On appelle ça en Angleterre un plugger, c'est quelqu'un qui amène vos disques aux radios et vos clips à des émissions de télé. Et le jour où j'enregistrais les paroles pour cette chanson c'est le jour où j'ai appris qu'il était mort. Il est mort du cancer. Et j'ai senti sa présence un p'tit peu dans le studio.

Bernard Lenoir : Donc l'album lui est dédié ?

Brian : Mm mm.

Bernard Lenoir : Y'a d'autres textes comme ça qui sont dédiés à des gens ? J'ai vu qu'il y avait un p'tit gimmick sur Commercial for Levi.

Brian : Commercial for Levi. Levi c'est notre technicien de son et il m'a sauvé la vie une foi. J'ai toujours dit si j'étais samouraï il faudrait que je le suive partout jusqu'à ce que je lui sauve la vie. Mais heureusement je suis pas samouraï alors on a mis son nom dans le…

Bernard Lenoir : C'est lui qui vous fait ce son de folie qu'on a entendu à Saint-Malo notamment ?

Brian : Absolument.

Bernard Lenoir : Vraiment énorme. Le son Placebo aujourd'hui c'est vraiment quelque chose.

Brian : Ben il a travaillé avec The Young Dogs, My bloody Valentine, et puis Hole et après Hole, Placebo. Alors…

Bernard Lenoir : Donc il maîtrise largement tout ça.
Euh, y'a un p'tit texte, y'a une p'tite chanson cachée sur l'album ou pas ?

Brian : Si. Ouais. c'est la tradition, n'est-ce pas ?
Elle s'appelle Black Market Blood et on a travaillé avec Rob Ellis qui est le batteur de PJ Harvey. Et il a fait les arrangements pour strings, pour violoncelles et vibraphones et tout ça. Et c'est une très belle chanson, ça fait penser un p'tit peu à Kurt Wilde. C'est un feeling un p'tit peu cabaret.

Bernard Lenoir : Mm mm. Donc l'album ne se termine pas par cette phrase terrible " I'm scared " parce que, moi le dernier morceau c'est Peeping Tom et tu finis en disant ça.

Brian : " I'm scared ". Mais je suis souvent "scared".

Bernard Lenoir : Oui oui, mais ça on s'en doute. Mais là ça prenait un importance terrible de terminer l'album par cette phrase. Mais bon, si y'en a d'autres un peu plus loin ça nous rassure.

Brian : Ouais mais le morceau caché n'est pas si souriant que ça non plus. (rires)

Bernard Lenoir : Non, c'est vrai. Et " scared ", t'as vraiment des choses encore qui te panique à ce point là ?

Brian : Bien sûr, bien sûr, la vie fait peur.

Bernard Lenoir : La vie ?…

Brian : On sait jamais ce qui va se passer. On sait jamais ce qu'il y a, what's on the next corner basically.

Bernard Lenoir : Ce qui va arriver, mm.
Tu lis toujours autant ?

Brian : Ouais ouais. Toujours autant. J'ai une biographie de Brel avec moi en ce moment, et une biographie de Janis Joplin. Deux de mes idoles.

Bernard Lenoir : Donc tu lis en français, régulièrement.

Brian : Euh, non, en anglais.

Bernard Lenoir : Tu pourrais lire en français, ou… ?

Brian : Le dernier livre que j'ai lu en français c'était " L'écume des jours " de Boris Vian. Et j'ai trouvé ça, après ne pas avoir lu le français pour 5 ans j'ai trouvé ça un p'tit peu difficile. En plus c'est du surréalisme, alors… Mais…

Bernard Lenoir : Mais les auteurs contemporains, parce qu'on en a quand même de très bons en France, enfin je sais pas, des gens que tu pourrais apprécier énormément, parce que je trouve qu y'a des correspondances comme Christine Angot, Houellebecq, tout ça, t'as …

Brian : Y'a un livre qui s'appelle Baise-moi que je veux lire. Ouais, il m'attire. (rires).

Bernard Lenoir : Ouais, ça c'est pas tout à fait la même chose, pas tout à fait le même genre. (rires). Pourquoi pas, y'a un film aussi, alors tu pourras enchaîner. Quoique le film il a été censuré donc on le voit plus. Ça reviendra sur les écrans un jour, je sais pas.

Olivier Nuk : Houellebecq a été traduit, j'crois en plus le premier il s'appelle Wathever je crois.

Brian : Wathever. Ok.

Bernard Lenoir : Faut que tu lises ça, on en reparlera la prochaine fois.

Brian : Ok.

Bernard Lenoir : Merci d'être venus nous rendre visite !

Brian : Avec plaisir ! Comme toujours.

Bernard Lenoir : Stefan qui a pas dit un mot, mais bon ça t'apprendra à pas vouloir parler français.

Stefan : The next time.

Bernard Lenoir : Next time. Tu m'as déjà dis ça la dernière fois.
Brian, bonne soirée avec la p'tite australienne.

Brian : Ouais…

Bernard Lenoir : Salut Steve !

Steve : Bonsoir. Bye ! See you.